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Mali : forte augmentation des décès dus à des violations de droits humains au second trimestre 2021 (MINUSMA)

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Au moins 160 personnes ont perdu la vie au cours du second trimestre 2021 suite à des violations et des abus de droits de l’homme, a révélé lundi la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Selon la Mission de paix onusienne, les personnes tuées constituent « la catégorie ayant enregistré la plus forte augmentation (49%) ». Près de 220 personnes ont été enlevées ou disparues alors que 147 ont été blessées. 

Au total, entre avril et juin de cette année, au moins 527 civils ont été tués, blessés ou enlevés/disparus. Il s’agit d’une augmentation globale de plus de 25% par rapport au premier trimestre (421), a indiqué la Mission onusienne dans sa note trimestrielle sur les tendances des violations et abus de droits de l’homme au Mali. 

D’une manière générale, le deuxième trimestre de l’année a été marqué par « une hausse du nombre de civils affectés par les violations et atteintes aux droits de l’homme et au droit international humanitaire ». 

Aussi, selon ce document qui couvre la période allant du 1er avril au 30 juin 2021, les principaux actes de violence contre les civils et leurs biens ont été commis dans les cercles de Bandiagara, Douentza, Djenne, Koro, Mopti, Niono et Ségou (50%), ainsi que dans ceux de Ansongo et Gao (15%).

Des violences perpétrées majoritairement par les groupes djihadistes

Les violences à l’encontre des civils ont été perpétrées majoritairement par le Jama’at nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM), l’Etat Islamique dans le Grand Sahara (EIGS) et autres groupes similaires. 

Ces groupes « djihadistes » ont tué, blessé ou enlevé plus de la moitié des victimes enregistrées sur l’ensemble du territoire. 

Un nombre important d’enlèvements (156) ont également été perpétrés par ces groupes. 

La Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA (DDHP) a pu déterminer que les cibles privilégiées de ces enlèvements étaient des personnes considérées ou perçues comme étant des informateurs ou proches des forces maliennes et/ou internationales, mais également des individus impliqués dans des différends locaux, notamment des conflits fonciers. 

Viennent ensuite les acteurs humanitaires, qui ont été victimes d’enlèvement « opportuniste » lors de missions sur le terrain, suivis par les représentants de l’administration et les chefs traditionnels et religieux encore présents dans les localités rurales. 

Milices, groupes d’autodéfense et autres acteurs privés

Par ailleurs, le nombre de civils tués, blessés et enlevés dans le cadre de violences intercommunautaires impliquant des milices et des groupes d’autodéfense a connu une légère baisse au cours du second trimestre (107), en comparaison avec le premier trimestre (121). 

Ces victimes, qui représentent à peu près 20% de l’ensemble des victimes enregistrées sur l’ensemble du territoire, résidaient principalement dans les cercles de Douentza, Ségou, Bandiagara, Djenne, Niono Mopti, Ségou et Sikasso. 

Au moins 22 civils ont été tués, 11 ont été blessés et 54 ont été enlevés dans ces cercles.

L’une des attaques les plus violentes a été menée par un groupe d’autodéfense Dogon, qui, le 27 mai 2021, a conduit une offensive contre plusieurs hameaux habités par la communauté Peul dans les communes de Doura et de Dougabougou (cercle de Ségou), tuant au moins 16 civils. 

De leur côté, les groupes d’autodéfense issus des villages Peul ont attaqué au moins quatre villages Dogon dans le cercle de Bandiagara.

Forces maliennes et forces internationales

Des violations des droits de l’homme ont également été documentées lors d’opérations de sécurisation menées par les Forces de défense et de sécurité maliennes (FDSM) et les forces internationales et régionales. 

Celles-ci représentent respectivement (9%) et (6%) du nombre total des victimes dénombrées au cours de la période considérée.

Par ailleurs, le JNIM et autres groupes similaires ont continué à renforcer leur emprise territoriale, notamment dans les zones rurales du centre du Mali. Le document de la Mission onusienne fait ainsi état d’une extension notable de leurs activités vers des cercles du sud du pays, en l’occurrence Ségou et Sikasso. 

Par l’entremise d’accords locaux dits « de non-agression ou de réconciliation », signés sous la contrainte par des communautés assiégées, ces groupes ont aussi pu « imposer des restrictions draconiennes à l’exercice de libertés fondamentales, notamment à l’encontre des femmes ». 

« A cela s’ajoute la persistance de violences sur fond de tensions intercommunautaires qui accentuent la fragmentation du tissu social », a fait valoir la MINUSMA.

Reddition des comptes des auteurs d’exactions

Face à cette situation, les réponses des FDSM et des forces internationales se sont concentrées sur la protection de centres urbains stratégiques et dans la conduite des opérations militaires tout en tentant de reprendre le contrôle de certaines zones rurales. 

« Dans certaines circonstances, ces opérations ont donné lieu à de graves violations des droits de l’homme contre les populations locales », relève le document. 

Plus largement, l’absence des autorités judiciaires dans ces zones a rendu « difficile » la lutte contre l’impunité. Pour l’ONU, cela a créé de fait des opportunités pour le JNIM et des autres groupes similaires « de mobiliser des soutiens au sein de communautés locales ». 

Sur un autre volet, la MINUSMA a salué les efforts des autorités de la Transition pour tenir les auteurs de violations des droits de l’homme comptables de leurs actes. 

« A cet égard, il importe de relever l’organisation récente des assises criminelles de Mopti et la signature d’ordres de poursuite contre des militaires qui auraient été impliqués dans des exactions à l’encontre de civils », a recommandé la Mission onusienne.

Source: MINUSMA

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