add share buttons
ven. Oct 15th, 2021

LEPAYSDOGON.net

les diaments de l'info

Être journaliste en Afrique

2 min read

L’édito, par Lucie Sarr.

Dimanche 16 mai, septième dimanche de Pâques, était aussi la 55e Journée mondiale des communications sociales. Cette journée spéciale est souvent une occasion, pour les communicants et journalistes catholiques de se regrouper, notamment dans le continent noir. Mais il importe aussi, à cette occasion de souligner quelques écueils liés au métier de journaliste en Afrique.

Les journalistes ont, en effet, bon dos sur le continent noir. Le journaliste est le coupable idéal lorsqu’une déclaration provoque un tollé et que son auteur n’arrive pas à se justifier. Il suffit de dire que les médias ont sorti ces propos de leur contexte. Dans l’Église, quand des questions qui dérangent sont mises en lumière par la presse, nombreux sont ceux qui, préférant occulter l’origine du problème, reprochent aux journalistes de « salir l’Église » ou « de ne pas l’aimer ».

L’on est, de plus, à l’ère des médias sociaux et de la méfiance accrue envers la presse. Les informations « fuitent » désormais d’abord sur les réseaux avant d’être confirmées ou infirmées. Le journaliste averti les vérifie, bien entendu, avant d’écrire un article complet, ce qui lui prend du temps. Mais des millions de personnes s’en tiennent à l’information initiale, même erronée. L’on tourne ainsi dans un cercle vicieux. La méfiance envers la presse est nourrie par la recherche continuelle des scoops et des buzz tandis que les buzz et scoop renforcent cette méfiance.

Dans son message pour la 55e Journée mondiale des communications sociales, le pape François rend un hommage marqué au journalisme de terrain, celui qui se détache des informations préfabriquées par les agences ou relayées sur les réseaux sociaux pour « user les semelles des chaussures » et « venir voir ».

Cet appel à « venir voir » est marqué, sur le continent africain, par les nombreuses invitations reçues par les journalistes pour « couvrir » des événements. Cette couverture comporte un biais. L’on essaie d’orienter le contenu des articles en proposant aux journalistes quelques billets pour le « transport ». Une pratique qui participe à la méfiance accrue envers les journalistes suspectés de corruption.

Tous ces écueils constituent autant de défis qui appellent à une réflexion sur un métier dont les professionnels sont appelés à se renouveler au quotidien.

Lucie Sarr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.